Voici la robe 1670 achevée

je suis partie sur la base d’un rectangle sur lequel j’ai ensuite arrondie les angles.

J’ai choisi de réduire l’amplitude avec des plis plats , au début je voulais le faire avec des plis canon. Mais j’arrivais au bout de ce que je pouvais donné au niveau motivation. Ce projet a été techniquement très difficile et j’en avais franchement marre. Je suis perfectionniste, maniaque, productive, un peu sadomasochisme, mais parfois à force de souffrir cela m’irrite.

Pour le corsage j’ai essayé d’agrandir un mini patron comme je le fais d’habitude et puis finalement celui que j’avais choisi ne convenait pas. J’ai du admettre que l’on ne pouvais pas toujours adapter les patrons historiques à sa propre morphologie.
J’ai donc changé de stratégie. J’aurais pu me contenter d’utiliser le patron du corsage proposé par Norah Waugh dans The Cut of Women’s Clothes, 1600-1930. J’ai déjà travaillé sur ce corsage pour mon projet » Era », le patron était déjà prêt mais je voulais essayé de produire mon propre patron à partir du moulage et de documentation.

Pour cette première robe 17em je voulais tenter les plis canons. Vers 1670 on peut utiliser les deux formules: plis plats ou plis canons.
L’avantage des plis canons c’est qu’ils donnent du volume et de l’amplitude à la jupe ce que ne font pas les plis plats cotés.Les plis plats se contentent de suivre d’épouser la forme du coussin, des paniers ou du boudin qui est en dessous. Bien sûre si le tissu est un peu rigide on peut obtenir un peu de gonflant en le retroussant légèrement pas exemple.Mais avec les plis canons ou tuyaux d’orge on a une réelle tenue.
Je n’avais jamais fait de plis canons ou tuyaux d’orge. Durant tout du long cela m’a fait penser au fonçage des rideaux. On peut d’ailleurs si on est pressé et pas trop regardant sur l’historicité utiliser des ruflettes pour rideaux qui vont donner au final le même résultat.

je pense que c’est une bonne alternative pour un cosplay par exemple.
Je vais vous montrer à présent comment réaliser des plis canons ou tuyaux d’orgue
on ajoute une bande de toile tout le long du bord haut de la jupe !! puis on trace des lignes verticales à espacement régulier ici j’ai tracé tout les 3,5 cm pour résorber mon tissu large de 4m


Comme je l’ai expliqué dans mes précédents post, mon principal problème était le tissu que je ne trouvais pas assez riche. Pour cette période il fallait que les robes soient richement décorées. Les couleurs étaient vivent et on utilisait beaucoup de perles, de pierres, d’or et d’argent pour parer les corsages et les jupes. Mon tissu étant uni et sans motif, je ne pouvais pas le laisser dans l’état.
Au début je voulais tricher en utilisant un chemin de table en organza à volute que je voulais coudre par dessus mon tissu. Et puis comme à chaque fois je me suis dit « tu as une brodeuse, alors ne fait pas ta feignasse ». Le soucis c’est que je venais de sortir de 12h de broderie sur mon tissu rouge qui finalement a fini au garage. J’en avais marre de broder. L’autre problème c’est d’avoir une couleur adéquate dans ma réserve de fil de broderie et enfin la dernière chose c’est que je n’aime pas faire les raccords et que là fatalement il devait il y en avoir pas mal.
Qui a dit que la broderie machine c’était facile?
Ce n’est peut être pas aussi long que de faire des broderies à la main mais qu’est ce que cela peut être pénible !!! Rien a voir avec le plaisir que peut prendre une personne à broder à la main lorsqu’elle ci le fait par passion. Non, en fait c’est une véritable déclaration de guerre quand on se met devant sa machine.Bref je me suis motivée et je suis quand même partie dans cette voie.